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| Le monde selon l'alcool |
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- Avril 2006 : A mort la Gueuse
! Histoire mondiale de la table, pour Sigmund Freud, le dossier noir
du transport aérien, au-dessous du volcan, caféologie...
- Mars 2006 : Ciels changeants,
menaces d'orage, la saveur du monde, les dernières nouvelles
de la frénésie, un vin griffé Azzaro, label "sud
de france"...
- Février 2006 : Toute honte
bue à Outreau, la mort du vin, Bacchus sur ordonnance, Vengeance
tardive en Alsace...
- Janvier 2006 : Le Roman des Jardin,
Friterie-bar Brunetti, Philippe Margot...
- Décembre 2005 : Le
veuvage des vins blancs, Olivier Todd, ex-Yougoslavie, Koktebel, Heather
Ale...
- Novembre 2005
: L'ivresse selon Gabriel Bender et Georges Picard, haro sur Pernod-Ricard,
Chanson Plus Bifluorée, et les rubriques du mois...
- Octobre
2005 : Guide Mondial de la Gueule de Bois, charia américaine
en Irak, Française à Riyad, G. Depardieu à la
BBC, Sarko/Villepin...
- Septembre
2005 : Paul Jimenes, N. De Rabaudy, Pasteur, Binge
Drinking, Alimentarium...
- Août
2005 : Un Grand Cru, Hydroptère,
Vaud, Vin, Vent, la colère du sommelier...
- Juillet 2005
: François Simon, Alain Mabanckou, le "Pink"
de Listel, Véziane de Vézins, Vinalies, SIMEI...
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Juin 2005 : Vinexpo, soirée du rosé, Escapade
Pétillante, Marathon d'Alsace, finale du concours
"20 sur Vin"...
- Mai 2005 : Philippe Faure-Brac, Dominique
Ambiel, concours, conférences et expos, potins, petites annonces...
- Avril 2005 : Petrus tourne au vinaigre,
vodka et littérature russe, nos neurones sauvés par
le vin, la fine justifie les moyens, rendez-vous divers...
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Mise au point de Jean Belotti, expert
aéronautique (ancien chef instructeur sur 747 à
Air France)

... Une succession d’accidents aériens
a créé une psychose - entretenue et amplifiée
par les médias - conduisant, par exemple, à des
décisions de passagers, non fondées, comme celle
de refuser d’embarquer dans un avion qu’ils estimaient
être en mauvais état.
Tout le monde a également pu constater,
à la suite de la survenance d’un drame aérien,
l’éclosion d’ouvrages rapidement composés
de quelques ingrédients : reproduction de la transcription
de ce qui s’est dit dans le cockpit, rappel d’accidents
anciens, quelques pages de critiques et une pincée de
procès d’intention, avec, en cerise sur le gâteau,
la propre hypothèse de l’auteur sur les causes
de l’accident..., alors que les enquêteurs viennent
à peine de commencer à diligenter leurs premiers
travaux.
Précisément au sujet de l’éclosion
de tels documents, plusieurs lecteurs m’ont demandé
de rédiger une chronique à la suite de la récente
parution d’un ouvrage traitant de la situation actuelle
du transport aérien, sous le titre de "dossier noir".
Or, il ne m’appartient pas de donner un avis sur les écrits
de collègues au sujet desquels je n’ai aucune raison,
a priori, de mettre en doute leur bonne foi dans les arguments
avancés pour justifier la publication de leur ouvrage,
ne l’ayant d’ailleurs pas lu, ce qui exclu donc
toute analyse complète.
Cela étant dit, pour ne pas laisser
les interrogations sans réponse, la simple lecture de
la présentation de l’ouvrage, publiée sur
internet, amène des commentaires qui réduisent
considérablement le crédit pouvant être
accordé à cette démarche de sensibilisation
du grand public sur l’"insécurité"
du transport aérien. En effet :
-
- Dès lors qu’il est écrit
: "Le crash du Concorde de juillet 2000, lui, avait été
prévu par le Conseil de Sécurité américain
des Transports", se pose la question de savoir quel est
l’intérêt de cette affirmation concernant
un appareil, fleuron de l’industrie aéronautique
française et anglaise, qui, pendant plus de trente années,
a été le seul avion supersonique au monde. Comment
cet organisme pouvait-il prédire qu’une pièce
tombée d’un avion américain ferait exploser
un pneu de Concorde ?
-
- Dès lors que les voyagistes sont considérés
comme le premier maillon de l’insécurité,
il y a lieu de s’étonner. Ce sont les voyagistes
qui depuis des décennies - grâce à leurs
initiatives, leurs démarches pour réduire les
coûts et les tarifs pratiqués - ont permis à
des millions de familles de profiter de vacances ensoleillées,
dans des pays de rêve. Ce sont des commerçants
qui vendent un produit fabriqué. Comme dans tous produits,
il y a un aspect qualité (traduit dans l’image
de marque, transmise par le bouche à oreille) et un aspect
réglementaire. Or, il n’appartient pas à
un voyagiste de vérifier si les compagnies aériennes
disponibles sont en règles vis à vis des textes
en vigueur, ne serait-ce que pour la simple raison qu’ils
n’en ont ni le pouvoir, ni les moyens.

Quant au reproche selon lequel "c’est
le moins-disant qui gagne", il est tout à fait injustifié,
car contraire aux lois du marché, bien connues qui font
que (sans être obligé, ici, de faire une démonstration
de l’élasticité-prix de la demande) c’est
le produit le moins cher qui attire la clientèle.
-
- Dès lors que pour ajouter un exemple
d’"avion poubelle", l’avion de West Carribean
qui s’est écrasé au Venezuela est cité,
force est de constater que cette référence est
également non fondée, étant donné
que les enquêtes administratives et judiciaires sont en
cours et qu’à ce jour, personne n’est en
mesure d’affirmer si l’avion est ou n’est
pas en cause.
-
- Dès lors que les auteurs se réfèrent
à quelques rares événements remontant à
plusieurs années pour justifier, d’après-eux,
la gravité de la situation actuelle et prennent en compte
des témoignages reconnus par tout le milieu aéronautique
comme étant fallacieux et irrecevables, il y a lieu de
s’interroger sur l’objectivité de leurs sources
d’information !
Qu’en est-il exactement ?
Tout d’abord, il convient de rappeler
:
-
que le transport aérien mondial de nos
jours représente plus de 1,7 milliard de passagers transportés
sur les compagnies régulières des 188 Etats concernés
et 100 millions sur des vols dits "non réguliers".
-
qu’alors que le taux de croissance du
trafic passagers continue d’augmenter, le niveau de sécurité
s’est amélioré depuis 1994, puisque pendant
la période écoulée, le nombre d’accidents
(toutes catégories de vols confondues et pour tous les
types d’appareils) a baissé de plus de 50 %.
-
Quant au nombre d'accidents ayant provoqué
la mort de passagers sur des vols réguliers (avions de
plus de 2.250 kg), il est tombé de 33 à 6, soit
une baisse de 82 %. Le nombre de passagers tués est passé
de 864 à 334, après avoir atteint un pic de 1.170
en 1994.
-
Finalement, en 2003, le nombre d'accidents mortels
sur vols réguliers est le plus bas enregistré
depuis 1945, tandis que le nombre de passagers tués est
le plus faible depuis 1984. L'année 2003 constitue donc
une année record en terme de sécurité dans
le transport aérien.
-
qu’en 1994, il n’ y a eu que trois
accidents graves, avec 130 victimes dans le monde
Si, effectivement, "Les statistiques ne
consolent pas", il n’en reste pas moins vrai que
de tels constats - alors que le trafic mondial a augmenté
de plus de 50 % en dix ans - est rassurant. Pourquoi cette amélioration
? Eh bien, elle résulte des efforts engagés par
tous les principaux participants (administrations, constructeurs,
exploitants, équipages, organismes représentatifs
des personnels,....), ce qui a été confirmé
par le Rapporteur de la mission, citée plus haut "
...le premier constat s'est rapidement imposé à
notre mission : la sécurité est une préoccupation
constante de la plupart des acteurs de transport aérien".
Il est certes possible d’invoquer la
brutale dégradation de 2005 avec ses 25 accidents et
plus de 600 victimes, mais avant d’en tirer une conclusion
hâtive, il est nécessaire de rechercher les origines
de ces accidents. En pratiquant une double segmentation des
statistiques (d’une part entre pays industrialisés
et pays en voie de développement et d’autre part
entre pays à régime démocratique et les
autres), les résultats montrent clairement la haute performance
des démocraties industrialisées :
-
en 2004, aucun accident grave (à l’exception
d’un seul accident et d’une seule victime aux Etats-
Unis) ;
-
en 2005, seuls 3 accidents graves avec 59 victimes
;
-
dans les trois premiers mois de 2006, aucun
accident : les 15 accidents constatés et 91 victimes
se sont produits ailleurs.
Comment ne pas se féliciter de tels
constats qui résultent des actions menées par
les intervenants cités, aussi bien au niveau national,
européen que mondial ?
Il est donc clair que le mal vient d’ailleurs,
ce qui est connu de longue date. En effet, à ce stade,
retenons que la prise en compte des collusions frauduleuses,
des dénonciations d’abus et de fraudes, des pressions
sur les équipages pour partir en impasse, etc... devraient,
logiquement, conduire à des mesures visant essentiellement
le Reste du Monde, ainsi que les compagnies qui ne respectent
pas les règles du jeu (*). Comment intervenir dans cet
"ailleurs" ? Seules les instances internationales
en ont le pouvoir.
Des décisions positives
Alors, la solution la plus simple qui a été
proposée est d’interdire l’entrée
sur l’espace aérien national aux compagnies étrangères
qui ne respectent pas les normes françaises. Mieux :
Interdire l’espace aérien européen à
celles qui ne respectent pas les normes européennes...
voire celles qui ont été classées comme
étant dangereuses. Eh bien, c’est ce que viennent
de faire les 25 pays de l’Union Européenne en établissant
une liste commune de 92 compagnies aériennes interdites
de vol sur son territoire (essentiellement africaines ou originaires
d'Asie centrale, de Corée du Nord et de Thaïlande).
Ainsi, la liste noire commune se substituera à celles,
nationales, des Etats membres : une compagnie interdite dans
un des 25 pays le sera dans toute l'UE.
Si cette décision doit être bien
accueillie, il convient d’en montrer les limites :
-
Des compagnies figurant sur des listes d’interdictions
nationales n’ont pas été reprises dans la
liste européenne, faute de consensus entre les 25.
-
Les critères d'élaboration de
la liste reposant sur les "résultats des contrôles
effectués dans les aéroports européens",
"l'utilisation d'avions mal entretenus, vétustes
ou dépassés" ou "l'incapacité
des compagnies à corriger les déficiences identifiées
lors des inspections", ne concernent donc que les compagnies
qui ont été contrôlées et que sur
des constats documentaires et visuels. Ces critères sont
donc insuffisants (**). En fait, comme dans les icebergs, c’est
la partie non visible qui est la plus importante, à savoir,
ce qui se passe exactement à l’intérieur
de la compagnie (niveau des qualifications et contrôles
des équipages, conditions de travail,...), et en ce qui
concerne la maintenance, ce qui se passe à l’intérieur
des milliers d’ateliers agréés répartis
dans le monde.
-
En dehors des constats cités, rien n’est
dit quant aux autres critères qui seront pris en compte
pour décider qu’une compagnie sera sur une liste
noire ! Après la survenance d’un incident majeur,
d’un accident grave, d’un défaut d’entretien,
d’une erreur (ou faute) d’un de ses personnels (au
sol ou en navigant), etc... ? Or, étant donné
qu’aucune compagnie n’est à l’abri
de l’une de ces éventualités, est-il raisonnablement
envisageable que, par exemple, une compagnie nationale ou une
compagnie de tout premier plan puisse être mise sur une
telle liste ?
-
En ce qui concerne l’actualisation et
la publication de ladite liste, ne serait-il pas plus efficace
d’assurer une actualisation à chaque information
nouvelle (positive ou négative) concernant une compagnie
(de préférence à une actualisation trimestrielle
arbitraire) et d’en envoyer la version validée
uniquement aux organismes concernés : aéroports,
circulation aérienne, gendarmerie du transport aérien
et voyagistes ?

Cela étant, cette décision européenne
est une avancée non négligeable dans l’élimination
des "tricheurs".
Certes, bien que les moyens de contrôle
mis en oeuvre soient insuffisants, il est bon de savoir qu’en
2004, la DGAC a fait effectuer plus de 1600 contrôles
SAFA sur des appareils étrangers en escale, soit le tiers
de tous ceux réalisés en Europe.
Retenons également que dans les facteurs
positifs, la nouvelle Agence de Sécurité Aérienne
Communautaire (AESA) a un rôle important à jouer
dans le contrôle de la conformité aux normes de
sécurité des compagnies européennes.
Finalement, toutes les mesures prises confirment
un renforcement inéluctable des règlements - imposé
par l’émergence de "tricheurs", à
la suite de la "deregulation" Carter - renforcement
pronostiqué dans mes écrits, depuis des années.
Il est vrai que, dans l’esprit d’aucuns, cette ère
de la "deregulation" pouvait laisser entendre qu’il
y aurait de moins en moins de règlements, comme pouvait
le laisser supposer la traduction tout à fait inexacte
de "deregulation" par "déréglementation"
!
Et maintenant ?
Bien sûr, des insuffisances, dysfonctionnements,
anomalies existent et il est bon d’en connaître
l’existence. Mais étant donné les éléments
exposés ci-dessus qui ont conduit à une nette
amélioration du niveau de sécurité, les
questions posées sont de savoir quel est l’apport
de l’ouvrage cité, dont l’objectif déclaré
est d’"avoir exploré toute la chaîne
des responsabilités qui mènent à l’accident"
? Le dossier du transport aérien est-il aussi noir que
cela est annoncé ? Les arguments avancés sont-ils
susceptibles de modifier ou d’accélérer
les processus déjà engagés ? Après
avoir rappelé certains faits et constats essentiels,
je laisse la réponse aux lecteurs, en fonction de leur
propre sensibilité et de leur connaissance de ce monde
de l’aviation.
Ayant entendu un des auteurs déclarer
- lors d’une émission télévisée
- qu’après une année d’enquête,
il avait décidé de ne plus prendre l’avion,
il faut espérer que pour être cohérent et
logique avec lui-même, il a a regagné son domicile
à pieds et non pas en voiture, ne pouvant ignorer le
risque qu’il prenait puisque, rien qu’en France,
le nombre annuel d'accidents corporels sur la route avoisine
les 100.000 et cause environ 6.000 morts, auxquels viennent
s'ajouter les milliers de blessés graves, dont ceux handicapés
à vie. En plus du fait qu’une telle déclaration
ne peut qu’apeurer un public non averti, ajoutons qu’en
collectant pour les vingt années passées :
-
les intoxications alimentaires de clients de
restaurants survenues en France, on en arriverait également
à la conclusion de ne plus fréquenter ces établissements
qui non seulement font honneur à la gastronomie française,
mais sont de plus en plus contrôlés sur le plan
de l’hygiène et de la conservation des produits
;
-
les cas d’erreurs de diagnostics, on en
arriverait à ne plus s’adresser à des médecins,
alors que leurs moyens d’investigations sont de plus en
plus performants ;
-
les cas de décès survenus dans
des hôpitaux à la suite d’opérations
chirurgicales, ou de complications post-opératoires dues
à divers facteurs, on en arriverait à refuser
à se faire hospitaliser.
*******
Finalement, sachons que le transport aérien
est un système complexe très sensible à
de nombreuses variables exogènes, comme celle, par exemple
de l’augmentation du coût du carburant. Comment
refuser d’admettre que la réduction des coûts
soit une obligation à laquelle toutes les entreprises
doivent se soumettre, quelle que soit la branche ou le secteur
concerné d’ailleurs. Le nombre de participants
est tel que son évolution est lente. Mais ce qui doit
être retenu c’est que grâce aux principaux
intervenants cités, le nombre d’accidents est en
baisse. Il est même devenu extrêmement faible dans
les démocraties industrialisées. Alors, tout en
sachant que le risque zéro n’existe pas dans notre
civilisation, continuons à prendre l’avion, mode
de transport avec lequel notre appréhension doit être
moindre que celle que nous devrions éprouver lorsque
nous prenons notre voiture.
Jean BELOTTI
* C'est ainsi que, par exemple, en 2003,
le nombre d'accidents mortels pour 100.000 départs s'est
élevé à 4,20 en Afrique, contre 0,35 en
Europe et 0,36 en Amérique du Nord.
** Il reste que même si ces contrôles
ne permettent pas d’avoir une connaissance réelle
de l’état de l’avion et de la façon
dont il est exploité, ils jouent un rôle qui n’a
pas été cité, celui "de la peur du
gendarme". En effet, une compagnie - bien qu’ayant
été autorisée à se poser sur un
aéroport donné - hésitera, si son avion
n’est pas aux normes (équipements de secours non
valide, pneus usagés, ...) à desservir un aéroport
sur lequel elle sait que de fréquents contrôles
sont effectués.
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