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| Le monde selon l'alcool |
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- Un Bon Cru,
Peter Mayle, Editions du Nil
- Pilote d’un Rêve.
Alain Thébault. Flammarion.
- Septembre 2006 : Airbus
de Toronto, pénurie de vodka, histoire de l'anis, mezcal au
scorpion, enquête par autopsie...
- Juillet 2006 : La
Coupe est pleine... de vin, Gilles du Pontavice, Jules Chauvet, tourisme
alcoolique, musée de la vodka...
- Juin 2006 : Concert de guitare
et de charité, Marina Vlady, Kenneth Cook, Michel Smith, Jérôme
van der Putt, JP Géné...
- Mai 2006 : Surproduction,
Gloria Montenegro, Vignobles d'Ile-de-France, ébriété
Total, terroirs, Colin Clarke, urothérapie...
- Avril 2006 : A mort la Gueuse !
Histoire mondiale de la table, pour Sigmund Freud, au-dessous du volcan,
caféologie...
- Mars 2006 : Ciels changeants, menaces
d'orage, la saveur du monde, un vin griffé Azzaro, label "sud
de france"...
- Février 2006 : Toute honte
bue à Outreau, la mort du vin, Bacchus sur ordonnance, Vengeance
tardive en Alsace...
- Janvier 2006 : Le Roman des Jardin,
Friterie-bar Brunetti, Philippe Margot...
- Décembre 2005 : Le veuvage
des vins blancs, Olivier Todd, ex-Yougoslavie, Koktebel, Heather Ale...
- Archives
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POURVU QU'ON AIT LIVRESQUE
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Pasteur
Quand le savant était tiraillé
entre universalisme et patriotisme

Qui croire ?
Celui qui, en l87l, a renoncé avec
fracas au doctorat que lui avait conféré l'université
de Bonn, s'est fixé comme but le redressement économique
de son pays. « Il faut travailler par tous les moyens
possibles à assurer dans un prochain avenir la supériorité
scientifique de la France », écrit Pasteur
en août l87l.
Lui qui naguère avait vanté
l'universalisme de la science s'en prend aujourd'hui au
« chancre prussien », envahissant « comme
une tumeur malsaine », dont il convient d'arrêter
l’expansion.
Lorsqu'il a été nommé
doyen de la faculté des sciences de Lille, Pasteur
a entrepris de fructueuses recherches sur la fermentation
alcoolique, pour centrer son enseignement sur un problème
directement lié à l'industrie régionale.
En l87l, il lui semble tout naturel de : poursuivre ces
recherches sur la bière. D'autant plus naturel que,
sans le vouloir, il est un peu responsable des succès
allemands ! Ses études sur le vin ont en effet débouché
sur une méthode de stérilisation et de conservation
par chauffage. Les Allemands ont adapté la méthode
au commerce de la bière, et l’ont tout naturellement
baptisée « pasteurisation »... Le mot
et l'application de la technique à la bière
en bouteille, aujourd'hui généralisée,
nous viennent en effet d'Allemagne et ont rencontré
en leur temps l'hostilité du savant français.
L'amateur moderne fait volontiers grief à Pasteur
de cette innovation qui porte son nom. Il faut lui rendre
cette justice : lui-même déconseillait de traiter
la bière comme le vin et reconnaissait que la «
pasteurisation » en dénaturait le goût.

De fait, les études de Pasteur vont dans un tout
autre sens. Ne pouvant rentrer à Paris, alors en
pleine Commune, il s'installe a Clermont-Ferrand et reprend
ses études sur le ver à soie. Mais la proximité
dune brasserie, à Chamalières, lui donne l'idée
de battre scientifiquement les Allemands sur leur propre
terrain. Avec la complicité du brasseur M. Kuhn,
il étudie les ferments au microscope, identifie les
micro-organismes responsables des maladies et brasse sa
propre bière. Le brevet en est déposé
le 26 juin l87l : « Je désire que les bières
fabriquées avec mon procédé portent
en France le nom de Bière de la Revanche Nationale,
y précise-t-il, ... et à l'étranger
celui de Bières Françaises.
Dans le préface de ses Etudes sur la Bière,
il justifiera cette dénomination : « L'idée
de ces recherches m'a été inspirée
par nos malheurs. Je les ai entreprises aussitôt après
la guerre de l870 et poursuivies sans relâche depuis
cette époque, avec la résolution de les mener
assez loin pour marquer d'un progrès durable une
industrie dans laquelle l'Allemagne nous est supérieure.
Ton modéré légèrement différent
de celui adopté dans la correspondance : le changement
de méthode, écrivait-il à Raulin le
l3 juillet l87l, « serait surtout très désirable
s'il avait pour résultat de nuire a ces gredins d'Allemands
dont la supériorité comme brasseurs est bien
acquise en ce moment » ». II faudra cinq ans
pour mener à bien ces recherches. Entre-temps, l'exaltation
patriotique est retombée ; il ne sera plus question
des « bières de la revanche »...
La principale découverte de Pasteur est le lien entre
les maladies de la bière et la présence, dans
l'air ambiant, des micro-organismes qui les provoquent.
Fidèle à la technique française de
la fermentation haute, il préconisait le refroidissement
du moût à l'abri de l'air, dans des vaisseaux
parfaitement purgés des ferments de maladie, puis
la fermentation avec du levain pur, dont il avait isolé
une nouvelle variété. Il fut à l'origine
d'une plus grande exigence hygiénique dans l'industrie
de la bière, mais ne put empêcher les méthodes
par fermentation basse de continuer leur progression dans
la brasserie française. Faut-il aussi croire ce trouble-fête
qui signe « Nicolas Flamel » dans Le Bon Bock
(journal dédié à la bière) ?
"Les remarquables études de M. Pasteur, en permettant
de perfectionner le procédé de fabrication
de la bière, en dévoilant les falsifications
dont elle est l'objet, ont également servi aux brasseurs
peu scrupuleux pour perfectionner leurs moyens de frauder".
On ne peut contenter tout le monde et son père...
De nombreuses autres suggestions ont été faites
pour concurrencer la redoutable bière allemande.
Pour éviter les maladies de la bière, les
Anglais avaient, par exemple, l'habitude de la houblonner
davantage : les antiseptiques naturels contenus dans l'huile
essentielle de houblon garantissaient le moût des
atteintes extérieures. Leurs bières, plus
alcoolisées, sont mieux protégées contre
les agressions extérieures, mais, susurrent les mauvaises
langues, c'est pour cette raison que les cas d'aliénation
mentale sont en augmentation chez les sujets de Sa Gracieuse
Majesté ... Aujourd'hui encore, l'antique technique
par fermentation haute reste pratiquée dans les ales,
les Guinness et autres stouts, mais les Anglais ne semblent
pas plus fous, bien au contraire*
Extrait de HISTOIRE morale et culturelle
DE NOS BOISSONS, de Jean-Claude Bologne (Robert Laffont,
1991)
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: le bon goût au plus haut degré
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