Ces dépendances qui nous gouvernent
par le Docteur William Lowenstein

Directeur de la clinique
Montevideo à Boulogne, (spécialisée dans
le traitement de l’addictologie) le docteur Lowenstein nous
livre vingt années d’observations recueillies sur le
terrain fertile de l’addiction.
Un travail considérable, pédagogique et courageux.
En effet, l’auteur n’hésite pas à aborder
de nombreuses facettes de l’addiction, de l’alcoolisme
(ah bon ?) au portable, en passant par l’onychophagie (se
ronger les ongles) ou l’ecstasy.
L’approche se veut médicale, non partisane, circonstanciée.
Chaque chapitre évoque l’état actuel des connaissances
scientifiques sur telle ou telle addiction, propose des exemples
consignés au cours des années et évoque de
manière elliptique l’aspect politique ou moral de la
déviation en question.
Tout au long de l’ouvrage, deux forces s’affrontent
: le « grand cerveau » (cortex) et le « petit
cerveau » (cerveau reptilien), l’un défendant
la raison, l'autre l’émotion. Le Bon Dieu et le Diable.
La prédominance anormale du second entraîne le péché.
On est en somme à l’opposé d’Hubert Reeves
qui, dans Malicorne*, démontre que la raison et l’émotion
forment un tout insécable. Reeves porte aux nues le Grand
Véhicule qu’est l’homme. Lowenstein, lui, soulève
le capot. Et il titille volontiers le centre du plaisir, le noyau
accumbens, objet de tous les désirs.
Prenons (au hasard) le thème de l’alcoolisme. En page
140, l’auteur dénonce les médias déchaînés
contre l’héroïne, alors que ce fléau tue
10.000 fois moins que le « liquide rouge » (sic). Cliniquement,
nous sommes dans le registre d'une communauté réduite
aux acquêts (d'alcool). Le chapitre consacré audit
liquide rouge débute justement par une belle diatribe contre
l’hypocrisie qui entoure le culte du vin en France, concluant
benoîtement : « l’alcool est NOTRE drogue ».
En termes médicaux donc, seul le degré compte. Les
cuites hebdomadaires du Suédois, les défonces annuelles
du Japonais et les repas quotidiens de notre Ministre des Affaires
Etrangères (même le nouveau) sont arithmétiquement
assimilables. Bref, vin et alcool, même tonneau.
Les motivations sont également… décortiquées.
C’est ainsi que Suzy, propriétaire d'une somptueuse
maison dans le Lubéron, a sombré lorsque son mari
l’a quittée pour une jeunette : elle commença
à boire une bouteille de rosé de Provence chaque soir
(p. 50). Scrogneugneu ! Dans les années 60 déjà,
Paris était recouverte de grands placards : « Jamais
plus d’un litre de vin par jour ».
Pour le tabac, on reste dans le même registre. Aucune distinction
n’est proposée entre le fumeur de cigarettes, spasmodiquement
accroché à sa marque exclusive et le dégustateur
de havanes, qui surtout cherchera à varier son plaisir pour
justement ne pas se lasser, et qui n’en fera pas une pendule
si, du fait d’une taxation outrageuse, il ne peut pas s’offrir
quotidiennement son luxe.
La liste des addictions traitées dans cet ouvrage est longue.
Le workaholism n'y échappe pas. Henri Troyat, Maurice
Druon, Raymond Devos... vous êtes atteints et vous en subirez
les conséquences ! Dans « Les Vacances de l’Ecrivain
», Roland Barthes montrait déjà qu’il
n’y avait pas de justice face à la notion de travail
et que ce qui est mauvais pour les uns peut être bon pour
les autres.
La chirurgie esthétique n’est pas épargnée
par le live. Pourtant, interrogé à ce propos, Bernard
Cornette de Saint Cyr, l'un des plus éminents spécialistes
mondiaux, ne rencontre un cas pathologique de cet ordre "qu'une
fois tous les trois ou quatre ans’. La santé publique
n’est donc pas menacée.
L’hyperactivité sexuelle aussi relève de l'addiction,
découvre-t-on. Mais quand on lit le chapitre en question,
on voit qu'en réalité l'auteur y évoque les
déviations sexuelles - ce qui n’est quand même
pas tout à fait la même chose -, ou bien les "cumulards"
(p. 223 : « Marc, cocaïnomane, avait besoin de dépasser
ses limites pour vivre ses émotions sexuelles »). Eddy
Barclay n’aurait pas aimé être mis dans le même
sac que le boucher des Ardennes.
L’Internet, le portable, les achats excessifs peuvent également
relever d’une pathologie. Seule échappe au Docteur
Lowenstein la potomanie, pourtant peu
propice à la progression de l’homme.
En ce qui concerne le sport intense, autre sujet traité,
on découvre qu'en réalité, le docteur décrit
comme phénomène addictif l’accoutumance à
la victoire. Les partisans du "oui" sont donc aujourd'hui
en manque.
Grâce à l’assurance que lui procure son approche
scientifique, l’auteur dénonce avec grand courage la
plus grande intox de toutes : au contraire des substances évoquées
au fil de ses chapitres, le cannabis n’est pas toxique. Même
si les accros sont nombreux, lorsqu’ils arrêteront,
leurs capacités ne seront pas affectées. Certes, il
y a des années que de part et d’autre de l’Atlantique,
des spécialistes tentaient de se faire entendre à
cet égard. Mais ici, dans un contexte où l’on
ne saurait soupçonner l’auteur de défendre l’un
plutôt que l’autre, l’assertion prend un certain
relief.
Le style est enlevé, les formules sont quelquefois percutantes
( « l’optimisme est l’opium des cons » -
un poil ambigu dans ce contexte - ou « les verres de contact
»), les termes scientifiques sont bien explicités.
Répétons-le, ce travail est admirable, instructif,
circonstancié. On ne saurait en vouloir à un homme
qui a été toute sa vie professionnelle confronté
aux pathologies, aux drames humains, au désespoir et à
la mort de nous faire partager la noirceur de son témoignage.
Allez, pour nous remettre, ouvrons un rosé de Provence !
A. Léonce-Laboie
Ces Dépendances qui nous Gouvernent - Comment s'en
libérer ? William Lowenstein - Calmann-Lévy, 20 euros
* Malicorne, Seuil, 1990
Dictionnaire des Etats éphémères
ou disparus de 1900 à nos jours
par Jean-Claude Rolinat

Mais en quoi cet ouvrage intéresse-t-il les
lecteurs de PafMag ?
Deux raisons :
1) ne l’ayant pas reçu en service de presse, nous devons
justifier la dépense somptuaire (41 euros).
2) il regorge de ces vérités qui ne sont pas toujours
bonnes à dire, ce à quoi nous sommes particulièrement
sensibles.
Dans cet ouvrage, l’histoire contemporaine est impitoyablement
scrutée, et cela fait quelquefois sourire et souvent trembler.
Connaissez-vous Klaipeda (Territoire de Memel) ? Cette ville portuaire,
exutoire de la Lituanie sur la Baltique, avait été
placée sous contrôle français par le Traité
de Versailles en 1919. Le 8 janvier 1923, une poignée de
partisans lituaniens en prit le contrôle. La France réagit
vigoureusement en convoquant une « conférence des ambassadeurs
», un an et demi plus tard (le 8 mai 1924). Rien ne fut décidé,
évidemment, et les Allemands se mirent à tournoyer
autour du Territoire, qu’ils annexèrent purement et
simplement le 23 mars 1939.
Le démantèlement de l’Autriche-Hongrie par
le même traité entraîna une refonte de l’Europe,
qui, selon l’auteur, favorisa l’éclatement du
second conflit mondial. 3 millions de Sudètes, 500.000 Hongrois
ou 6,3 millions d'Ukrainiens enlevés à leur mère-patrie,
il fallait forcément d’attendre à du grabuge.
Mais au fait, pourquoi donc ce périlleux découpage
? C'est ce que raconte inexorablement Jean-Claude Rolinat, entraînant
chez le lecteur la sensation que tout n'est pas blanc ni noir, et
que ce complément des livres d'histoire est utile, non seulement
pour comprendre ce passé lointain ou proche, mais aussi,
hélas, pour appréhender le futur (dans les deux acceptions
du terme).
Tanger, Tulé, le Bophuthatswana, le Royaume de Serbie, la
République Autonome de Cochinchine, le Khanat de Boukhara,
la Ruthénie Subcarpatique, … le XXè siècle
aura vu l’éclosion et la disparition de presque 150
états indépendants.
L’histoire de chacun d’entre eux – drolatique
ou dramatique – révèle les différentes
mécaniques de prise de pouvoir. Ce serait si drôle
si ce n’était vrai…
JPJ
* Jean-Claude Rolinat, Dictionnaire des Etats éphémères
ou disparus de 1900 à nos jours, Dualpha,
21 euros.
Eau : non à 100%
Michel Jumez
Tégestophile
bien connu de nos adhérents, Michel Jumez se targue, à
85 ans, de n'avoir pratiquement jamais bu d'eau ni de dérivés
depuis qu'il a atteint l'âge de raison (pour lui : l'adolescence).
"Ce n'est pas une question de religion ni une question de principe,
mais simplement une question de goût", indique-t-il.
"La bière tirée fraîche dans la cave, dans
laquelle flottaient les 'matons' - reliquats du tablier de cuir
du brasseur - est restée gravée à jamais dans
ma mémoire du plaisir", avoue-t-il.
Depuis, seuls recueillent ses faveurs le vin et la
bière, et ce, uniquement au cours de repas. "Même
sous le soleil torride d'excursions en montagne, je laisse mes compagnons
se désaltérer aux sources ; moi, j'attends l'heure
du repas et une boisson civilisée".

Michel Jumez : plutôt mourir de soif.
Même en des circonstance extrêmes, il
ne déroge pas. C'est ainsi qu'au cours d'une incroyable épopée
qui l'a conduit de Paris au Caire via... Khartoum au cours de la
guerre du Kippour en 1973, il a préféré se
laisser aller à un état semi-comateux plutôt
que d'avaler un seul verre d'eau ou une tasse de thé, alors
que la température frôlait les 50° dans le désert
soudanais. Le témoignage
détaillé de son épouse Linda sur cet épisode
est tout simplement époustouflant et... désopilant
(avec le recul). A lire absolument.
Cette abstinence semble en tout cas lui réussir.
Il y a peu de temps encore, il entraînait l'équipe
junior de tennis de table de la Région Nord-Pas-de-Calais.
Et parler huit langues ne lui suffit plus. Il se met au hongrois.

Les déboires du couple Sarkozy
Notre robot ayant détecté la racine "boire",
nous avons été alertés sur le sujet. Et notre
robot a trouvé la vérité sur le sujet : "Les
histoires d'amour de l'histoire de France" de Guy Breton (Editions
Omnibus) . 9 tomes dédiés à un thème
ô combien éternel. (22,11 euros/tome).
Vinomedia se fâche, sous la plume
de Bruno Escoffier
"Le NON au projet de constitution Européenne
a été majoritaire en France. Mais est-ce un NON à
l'Europe, ou un NON de désapprobation à la politique
du gouvernement Français ? Effectivement, ce NON fait penser
à la goutte d'eau qui fait déborder le vase. A force
de ne jamais être compris, voire seulement entendu, les Français
ont exprimé leur "ras le bol". Certes, on nous
avait bien prévenu qu'il ne fallait pas se tromper d'élection,
mais il était difficile d'attendre jusqu'à 2007 !
Le ras le bol existe aussi pour les viticulteurs, lesquels, comme
la majorité des Français, ne sont pas entendus.
Faut-il en arriver à des actes extrêmes pour que les
pouvoirs publics comprennent que le vin, comme la gastronomie, font
partie de la culture française, et que nous n'avons pas à
en avoir honte sous prétexte que les produits alcooliques
sont actuellement diabolisés en France. Je pense qu'il faudra
encore beaucoup de NON, avant qu'une prise de conscience n'émerge
au milieu d'une classe politique sourde depuis des années
!"
[ndlr : cet éditorial n'engage que son auteur]
Des experts britanniques ont dressé
un classement des fromages en fonction de la force de leur senteur.
Résultat : parmi les 15 premiers, 13 de ces champions du
monde sont français
La Cranfield University a élu les fromages français
champions du monde puisque 13 de leurs nominés occupent les
15 premières places. L'évaluation a été
réalisée grâce à un nez électronique
qui analyse les odeurs les plus pugnaces après sélection
par un panel de 19 goûteurs.

1 Vieux Boulogne France, Boulogne-sur-Mer
2 Pont l’Evêque France, Normandie
3 Camembert France, Normandie
4 Munster France, Alsace-Lorraine
5 Brie de Meaux France, Meaux
6 Roquefort France, Midi-Pyrénées
7 Reblochon France, Savoie
8 Livarot France, Normandie
9 Banon France, Provence
10 Epoisses France, Bourgogne
11 Parmesan Italie
12 Raclette France, Alpes françaises
13 Ossau Iraty France, pays basque
14 Cheddar Royaume-Uni
15 Crottin de Chavignol France, Centre
(source : l'Internaute)
 |
Qu'est-ce
qu'un vin gravéolent ?
réponse
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Entre le pastis et l'eau, c'est fusionnel
Les chimistes des émulsions vont-ils puiser leurs nouvelles
idées au fond d'un verre de pastis ? II s'y passe des choses
passionnantes qui peuvent bouleverser leur compréhension
de réactions qu'ils utilisent depuis longtemps. Un chercheur
du CNRS au Laboratoire de chimie macromoléculaire de Montpellier,
François Ganachaud, l'a réalisé à la
lecture d'un article d'un confrère américain, Joseph
Katz, de l'université Johns Hopkins de Baltimore, décrivant
les mécanismes physico chimiques de l'« effet pastis
».
« A vrai dire, précise M. Ganachaud, il a nommé
son travail l’ ‘effet ouzo'; parce que cette boisson
est plus populaire aux Etats-Unis où réside une forte
communauté grecque. Mais les phénomènes sont
exactement les mêmes. ». Le point commun entre les deux
apéritifs est l'anéthole, une huile extraite de l'anis
qui leur donne son goût. Elle n'est soluble dans l'eau que
lorsque on y ajoute une certaine quantité d'alcool, un chiffre
que les amateurs de « petit jaune » connaissent bien
: 45°. Lorsque l’on verse de l'eau dans son pastis, cette
proportion est faussée. L'alcool préfère se
mélanger à l'excès d'eau et rend sa liberté
à l'anéthole. Celle-ci se concentre immédiatement
en fines gouttelettes en suspension qui donnent à la boisson
son bel aspect laiteux. Pourquoi toute l'anéthole contenue
dans le verre ne se regroupe-t-elle pas en nappe, à la surface
de l'eau, comme l'huile d'une vinaigrette ? Parce que l'alcool a
préalablement suffisamment divisé le mélange
pour que les molécules, trop éloignées les
unes des autres, puissent toutes se donner rendez-vous au même
endroit du verre.

C'est l'effet pastis, un modèle d'émulsion spontanée
: immédiate et sans effort. Comme si, pour réussir
une mayonnaise instantanée, sans la remuer, il suffisait
de mélanger l'huile et l'oeuf dissous dans de l’alcool
à la bonne proportion d’eau.
Ces modifications nuiraient sûrement au goût de la mixture.
Mais les chimistes n’ont que faire de ces considérations
gustatives.
Ils sont obligés d'avoir recours à de fortes agitations
ou d'envoyer des ultrasons aux produits qu'ils cherchent émulsifier.
Ils doivent aussi utiliser des produits tensioactifs dès
le début de la mise en émulsion pour la stabiliser.
Les gains de l'effet pastis, en leur épargnant des dépenses
énergétiques et en leur permettant de retarder et
de minimiser l'adjonction de tensioactifs, seraient pour eux immédiats.
Les deux chercheurs se sont donc alliés pour répertorier
tous les objets chimiques dont la fabrication pourrait être
facilitée par le procédé, dans un article publié
en février dans la revue ChemPhySChem. Les industries cosmétiques
et pharmaceutiques, peu soucieuses du principal défaut de
l’effet pastis, celui de préparer des émulsions
fortement diluées, pourraient être particulièrement
intéressées par cette technique. Certaines y recouraient
du reste déjà sans le savoir. Désormais, nul
n'est censé ignorer les bienfaits de l'effet pastis.
Jérôme Fenoglio, pour le Figaro
Eaux-de-vie : le verre est
dans le fruit
En France, la loi exige un minimum
de huit kilos de fruits par litre d'alcool de fruit produit, alors
que dans certains pays, 550 grammes suffisent (et il arrive même
que le sucre et additifs soient autorisés). Les règles
de distillation française sont probablement les plus exigeantes
au monde. Inconvénient, les prix à l’export
sont durs à tenir. Avantage : les amateurs avertis savent
pourquoi ils payent.
Fort heureusement, les moines de l’époque avaient su
interpréter les règles de la transsubstantiation et
voir dans l’alcool certains aspects de la réincarnation.
Dom Pérignon reste l’exemple le plus célèbre.
Au XIVè siècle, un moine alsacien, cherchant une cure
contre le choléra, a eu la brillante idée de brûler
le moût de cerise et de créer ainsi la première
eau-de-vie de cerise, qui fut, au XVIIIè, baptisée
« kirsch » (« cerise » dans le dialecte
alsacien) . Le kirsch est aujourd’hui largement consommé
dans le monde soit en liqueur, soit en cocktail, soit pour accompagner
certains desserts. Il faut en France 18 kg de cerises pour produire
un litre de kirsch.
Les alcools de fruits devinrent très vite
populaires, en particulier dans la région est de la France.
Le privilège de "bouilleur de crû" créa
une vraie tradition de produit familial, pouvant être vendu
à proximité sans la lourdeur administrative régissant
les alcools. Il a fallu une première vague de frénésie
anti-alcoolique dans les années 50 pour abolir ce privilège
et d'entraîner
- l’invasion massive du whisky
- l’allongement de l’espérance de vie dans les
régions concernées, puisqu’on omettait souvent
de déclarer le décès d’un « privilégié
» afin d’en conserver les droits. On a ainsi vu des
pépés décéder à l’âge
respectable de 130 ans. L’alcool conserve…
 |
"L'alcool
est l'aspirine de l'âme"
Louis
Gauthier
|
D’autres fruits furent rapidement mis à
l’épreuve de l’eau de feu, dont la prune (11
kg par litre produit), la poire William (28 kg par litre). On exploite
également les sureaux, le cynorrhodon (fruit de l’églantier
également connu sous le nom de gratte-cul), la prunelle,
le sorbier ou l’alise, toutes sortes de baies et de mûres…
A noter que ces alcools sont souvent recommandés par les
guérisseurs locaux (voir notre article "Les
Vignes du Soigneur")
La fermentation dépend de la quantité de sucre contenu
dans le fruit. Selon le fruit, la distillation peut être double.
Mais le produit fini dépend toujours du talent (et des papilles)
de l’artisan.
Le vieillissement s’effectue soit en jarres qui conservent
les arômes, soit en tonneaux qui adoucissent la texture de
l'alcool de fruit. Une eau-de-vie se boit à environ 7°
(la température idéale pour la poire).
Du fait de toutes les restrictions qu'il subissent en France, mais
aussi des précieux secrets de famille qui doivent être
perpétués, les producteurs d'eaux-de-vie ont souvent
l’impression d’être entrés en religion
et de rester les défenseurs de certaines valeurs dont eux
seuls détiennent les tenants et aboutissants. La
Fédération Nationale des Distillateurs d'Eaux de Vie
de Fruits réunit la quarantaine d'exploitants concernés.
Une goutte d'eau dans l'océan des intérêts des
vins et spiritueux ! Environ 20% de la production est exportée.
L’association est également en charge des questions
d’harmonisation au sein de l’UE, mais, malgré
nos multiples demandes depuis le mois de mars, il n'a jamais été
possible d'obtenir le moindre rendez-vous, même téléphonique.
Mais peut-être le référendum et ses implications
était-il prioritaire ?
Sylvain Haibon
*******
Sur le terrain : l 'exemple de Levens
Faire son alcool, c'est possible
à la distillerie où l'on dispose de savoir-faire et
de matériel. Encore faut-il respecter quelques règles
légales.
Huit heures du matin. Le ciel est dégagé
par un léger vent froid qui vient des montagnes. C'est un
bon présage. Le feu tirera mieux et la fumée s'échappera.
Cinq personnes emmènent dans des bidons alimentaires leur
production fruitière et de beaux morceaux de bois ; chênes,
figuier. Nous sommes à la distillerie, un petit bâtiment
derrière la coopérative. Victor, le maître des
lieux prépare trois jolis feux qui vont brûler sous
les trois alambics. Ces cuves en cuivre, de deux cents et cent cinquante
litres vont recevoir les fruits fermentés cet été.
À Levens ce sont essentiellement des prunes qui sont transformées
en alcool, mais l'on peut utiliser quasiment tous les fruits pour
cette opération. La distillation est un processus assez simple.
L'on met à bouillir les fruits fermentés qui dégagent
des vapeurs d'alcool. Celles-ci vont dans des tuyaux refroidis se
condensent et donnent de l'alcool.
Huit heures trente, le brasier est
prêt à s'enflammer. Le fond de l'alambic est tapissé
d'une couche de paille recouverte d'une grille métallique.
On évite ainsi que les fruits accrochent et brûlent
le fond. Pour que tout fonctionne bien il faut que le système
soit totalement hermétique. Victor s'applique à bien
fermer à l'aide de cendre mouillée le chapeau au-dessus
de l'alambic. Le serpentin lui sera raccordé avec du papier-journal
mouillé.
Onze heures ; le bec verseur d'un alambic
libère les premières gouttes du précieux liquide.
La rapidité de fabrication dépend de la quantité
à distiller. Cette année est une bonne année.
Trente alambics, contre vingt l'an passé. Rien à voir
cependant avec les pratiques plus anciennes. Il y a trente, quarante
ans, le père de Victor était déjà le
responsable de la distillation. Eh bien à cette époque,
on distillait cinq cents alambics à Levens, uniquement de
marc de raisin. C'est vrai que ça revenait moins cher.
Beaucoup de Levensois bénéficiaient des droits à
distiller. Aujourd'hui on compte sur les doigts des deux mains ceux
qui les ont conservés. Ils ont droit à une certaine
quantité d'alcool (1000 degrés soit par exemple 20
litres à cinquante degrés) et ne payent que les droits
d'alambic, soit de 15 à 23 euros selon la taille). Ces droits
ne sont pas transmissibles et disparaîtront avec eux. Cependant
en payant et en faisant une déclaration de récolte,
il est possible à toute personne possédant des arbres
fruitiers de distiller à la coopérative. Le coût
est de 0.15€ par degré, soit pour un litre d'alcool
à 50 degrés, 7,6€ plus le prix de l'utilisation
de l'alambic. Huit à dix kilos de fruits sont nécessaires
pour faire un litre d'alcool. La période de distillation
cette année a duré un mois de mi-octobre à
mi-novembre.
Alors l'an prochain si vous avez de
belles récoltes …….Maintenez la tradition.
Source : Levens
au Coeur
30 juin : Soirée du Rosé
Au Centre de Recherche et d'Expérimentation
sur le Vin Rosé
70, Avenue Wilson
83 550 VIDAUBAN
Bilan des cinq années d’activités
"Les principaux résultats : analyse et préconisations"
Intervenants : chercheurs et techniciens du Centre du Rosé
04 94 99 50 10
26 juin : Marathon
du Vignoble d'Alsace
Escapade
Pétillante & Gourmande en Champagne 25 & 26 juin
2005

25 mai, finale des Wine
Women Awards au Bristol (Paris)
Parmi les 60 candidates qualifiées,
on trouve de Japonaises, des Finlandaises, des Américaines
et des Françaises
20 & 21 juin : Dégustation
de vins de l’agriculture biologique à Bordeaux
L’AIVB-LR (Association
Interprofessionnelle des Vins Biologiques du Languedoc-Roussillon)
et le SVBA
(Syndicat des Vignerons Bio d’Aquitaine) co-organisent la
manifestation EXPRESSION VIGNERONS BIO au centre ville de Bordeaux.
Du
19 au 23 juin : VINEXPO

Et aussi, du 23 au 25 mai 2006, à Hong Kong
: "Vinexpo Overseas", version exportée du rendez-vous
bisannuel des grands opérateurs mondiaux du secteur vins
et spiritueux.
13 juin 2005 à 18h30: Remise
des trophées Jean FERAUD
Ces Trophées récompenseront les vins du Palmarès
du Mondial du Rosé 2005 dans les 4 catégories suivantes
:
- Vins français tranquilles
- Vins étrangers tranquilles
- Vins français effervescents
- Vins étrangers effervescents
Restaurant "Le Passage" : 6, Rue Mazarine 13 100
AIX-EN-PROVENCE. Tél : 04 42 37 09 00
9 juin -Finale du concours "20 sur
Vin"
Issus des demi-finales qui se sont tenues le 11 avril, les gagnants
des grands écoles françaises (Essec, Normale Sup,
Centrale, HC, INA, Mines, Polytechnique, Institut d'études
politiques, Paris-Dauphine) afronteront Oxford et Cambridge dans
les chais du Château Lafite-Rothschild à Pauillac,
L’AOC Côtes de Provence
– Sainte Victoire
Première appellation sous-régionale des Côtes
de Provence
Des contreforts de la montagne Sainte-Victoire, inspiratrice de
Cézanne, aux chaînons de l’Olympe et de l’Aurélien,
22 vignerons (17 domaines et 5 caves coopératives) se sont
regroupés dès 1990 et ont travaillé pour obtenir
leur appellation sous régionale spécifique.
Quinze années ont donc été nécessaires
pour donner à la Provence ce nouvel atout, mais ces vignerons
ont aujourd’hui la possibilité de commercialiser un
vin de haute qualité sous l’Appellation Côtes
de Provence Sainte-Victoire.
Avec près de 27.000 hectares plantés, et une grande
diversité de sols ( nord et est calcaire, (sud et ouest cristallin,
extrême est légèrement éruptif) et de
climats qui varient en fonction des reliefs, l'appellation a entrepris
de se hiérarchiser.
Noël Hautemaniere, photographe

Bonbonnes
De 3% à 46% de baisse sur les
primeurs bordelais par rapport aux prix du 2003 !
...et l'on retrouve des prix que l'on n'avait pas
vus depuis 1995 pour certains grands Châteaux, annonce joyeusement
Château
Online.
14 juin : le combat fratricidre
Rien ne va plus entre les producteurs de cidre (UNICID) et la Fédération
française des spiritueux (FF). Le seconds attaquent les premiers
en justice pour concurrence déloyale. Nos cidriculteurs voudraient
en effet détrôner les spiritueux en matière
d'apéritif.
Un vrai lèse-majesté.
Cidre : indice de popularité (en
litres par an)
IRLANDE 10,20
GRANDE-BRETAGNE 9
FINLANDE 5,2
FRANCE 2
ESPAGNE 1,8
SUEDE 1,26
GRECE 1,2
BELGIQUE 1
DANEMARK 0,33
HOLLANDE 0,1
*source : info-cidre.com
(1997)
A découvrir également :
lAssociation des Cidriculteurs du Canada
La bière est amère, les brasseurs
aussi
La chute des ventes s'explique, selon certains, par la popularité
des boissons sucrées (soft drinks) et, bien sûr, la
frénésie anti-alcoolique. Les brasseurs vont forcément
adoucir leurs produits et pousser leurs bières sans alcool.
Les Outremangeurs
Anonymes
Emules des Alcooliques Anonymes. A quand les Outredragueurs Anonymes
?
20 - 22 octobre : New
York Wine Experience

L'autre marathon de New York
Prix de la nouvelle gourmande
Adressez votre manuscrit de 6 à 10 feuillets à l'adresse
ci-dessous (avant le 10 sept. 2005). Si vous faites saliver le jury,
vous gagnerez 3000 euros.
Salon International du livre gourmand - 15 rue Bodin - 24000
Périgueux - 05 53 05 04 55
Bluewine
: le moteur de recherche mondial sur les vins
Le robot existe également en français
et propose une version affinée pour les bordeaux
 |
"Virtus
ejus incaluit mero"
(Sa vertu s’est fortifiée par le vin)
(Horace,
à propos de Caton – Odes III, 21, 12)
|
Organe
Central du Parti
Alcoologiste
Français
(Aile Modérée) - pafmag@pafmag.com
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